Le temps des retrouvailles

J’avais espéré à la fin de mon éditorial ouvrant la saison 2020~2021 un rapide retour au spectacle, essentiel à l’épanouissement de tous. La saison s’annonçait riche et diverse, accessible à toutes et à tous. Hélas, le prolongement de la crise sanitaire en a décidé autrement. La campagne de vaccination, les gestes barrières, l’implication et la responsabilité citoyenne laissent heureusement entrevoir un prochain retour dans nos équipements culturels : musées, théâtres… Et ils seront prêts à vous accueillir en toute sécurité avec les protocoles adaptés.


Depuis des mois, en effet, les équipes se mobilisent pour rendre ces accueils possibles. Les techniciens ont embelli les espaces du théâtre, le personnel de La Rampe-La Ponatière a maintenu les liens avec ses publics par téléphone et à travers les réseaux sociaux. Mes remerciements vont également à l’ensemble des membres du conseil d’administration pour la gestion d’une situation à bien des égards inédite.


Ainsi, le travail de soutien à la création s’est poursuivi avec de nombreuses résidences d’artistes sur les plateaux de La Rampe et de La Ponatière. Danseurs et comédiens sont allés à la rencontre des élèves dans les établissements scolaires lors d’actions de médiation et des spectacles ont été proposés dans les écoles, collèges et lycées.

services et équipements culturels de la Ville, La Rampe-La Ponatière a participé au projet « la rue des cultures » pour offrir aux échirollois-es dans cette période difficile quelques minutes de culture. Cela a été la surprise de croiser dans un coin de rue, un parc, poètes, slameurs, chanteurs, danseurs, musiciens…


Je tenais à remercier les partenaires, État/DRAC Auvergne-Rhône-Alpes, la Région Auvergne-Rhône-Alpes et le Département de l’Isère qui, dans un contexte si particulier, ont confirmé leur soutien à notre scène conventionnée pour les trois années à venir avec la signature d’une convention multipartite.


Nul doute cette fois que nous pourrons très bientôt retrouver le goût de sortir, le plaisir de s’évader et de faire escale à La Rampe et La Ponatière, de savourer en famille une saison qui fera la part belle à l’émotion, au mouvement, à la musique ; bref au plaisir de vivre retrouvé.

Je souhaite à La Rampe-La Ponatière une excellente saison 2021~2022 !

 

RENZO SULLI

Maire d’Échirolles

Vice-président de Grenoble-Alpes Métropole

Le petit mot du Collectif ÈS

Cette rentrée marque déjà notre dernière année à La Rampe-La Ponatière, une résidence bousculée par un désordre mondial qui nous a poussé à nous questionner sur le monde d’après, le monde de demain. Pour nous, demain commencera avec Fiasco, notre dernière pièce pour huit interprètes qui sera créée à La Rampe MAR. 14 DÉC. Une pièce où nous avons fait l’expérience du désaccord comme matière première de processus de création sur fond punk. Le No Future de ce mouvement nous emmène aujourd'hui à une multitude de questions : quel futur voulons-nous habiter ? Qu’est-ce qu’habiter un monde ? Un espace ? Un corps ?


Dans son essai, Thomas Bouchet ouvre la lecture avec ces mots : « L’UTOPIE EST EN NOUS ! » Un tracé à la bombe de peinture orange

sur le mur blanc d’une ville. Quelle serait la trace que nous laisserions de notre passage et de nos rencontres à Échirolles ? Et si l’Utopie devait être un lieu, pourrait-il être La Rampe l’instant d’un week-end en mai 2022 ? Créer ensemble nos Utopies en habitant les lieux de La Rampe comme jamais, habiter nos espaces intimes et collectifs. Pour finir cet édito comme nous aimerions finir cette résidence, revenons aux Utopies avec les mots de Thomas Bouchet : « Utopies : voilà un mot fragile, un mot sensible, un mot qui file entre les doigts, un mot disponible. C'est tout cela qui fait peut-être, paradoxalement, sa force. »


On vous embrasse !
Utopiquement,
Les ÈS

Une saison pour vibrer !

Tout d’abord MERCI, pour vos marques de soutien, petits mots, dons, votre présence en septembre dernier, votre envie de revenir… Ces attentions nous permettent de tenir moralement, de poursuivre nos missions d’aide à la création et à l’accueil d’équipes artistiques. Nous nous tenons prêts à vous accueillir de nouveau.


Si le spectacle vivant nous a tant fait défaut ces mois passés, ce n’est pas comme simple « distraction », nous l’avons tous bien senti, mais par sa capacité à nous rassembler et à dire le monde – joies et souffrances – autrement qu’à travers la triste actualité.


L’art se veut le reflet du monde, il pointe nos ambivalences et nos contradictions.


L’art est là pour questionner, provoquer le débat et la prise de conscience, l’art, nous interpelle, nous invite à prendre des risques, nous divise parfois mais surtout attise nos émotions. Et, on peut le dire, il nous fait du bien !


La Pastorale chante une Nature que notre sensibilité tend d’autant plus à idéaliser qu’elle est aujourd’hui menacée par l’action des hommes. N’oublions pas néanmoins qu’elle a su de tout temps se montrer belle, effrayante ou cruelle ; qu’elle peut prendre la forme d’une rose ou… d’un virus. Et la saison témoignera de cette ambivalence…


La Belladone est à la fois un poison et un remède, une fleur magnifique et maléfique et Nathalie Pernette nous en déclinera toutes les facettes à travers un spectacle magique et facétieux qui célèbre la femme-sorcière.


Dans Roméo et Juliette la potion préparée par Frère Laurent s’avère fatale alors qu’elle devait permettre à l’amour de triompher de l’exil et de la mort.

Il n’en demeure pas moins que l’histoire éternelle des amants de Vérone traverse les siècles et Joëlle Bouvier avec le Ballet du Grand Théâtre de Genève nous captivera dans une version intemporelle, épurée, élégante et touchante.


Deux propositions symbolisent peut-être mieux que tout, le double regard que nous portons sur la Nature : tandis que les jeunes danseurs de Baobabs nous invitent à l’urgence d’une prise de conscience écologique à travers une danse énergique, les vingt-deux danseurs virtuoses de Thierry Malandain nous offrent un hymne poignant et lumineux à la beauté du Monde, en écho à la Symphonie Pastorale de Beethoven.


Un monde aussi à revisiter avec Thomas Lebrun qui, avec Mille et Une Danses (pour 2021), nous propose une épopée chorégraphique et émotionnelle, un marathon de sensations, un spectacle vital qui soulignera « la force et l’utilité du mouvement, des découvertes, du voyage et du partage… »

Un monde où il importe de revenir à l’essentiel : ce qui est propre à chacun, ce qui nous est commun. Ce à quoi nous invite Miczzaj avec Ce qu’il nous faut. Un monde enfin où le rire est libérateur, ce que nous offrira Maria Dolores, diva tout droit sortie d’un film d’Almodóvar avec son Cabaret extraordinaire.


Revenir au spectacle après aussi longtemps, après un tel séisme, au début duquel souvenons-nous, nous avions promis qu’après rien ne serait comme avant, ne peut être un retour tiède et nous oserons tout pour vous faire vibrer.


Joséfa Gallardo
Directrice


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